Les interactions et interdépendances croissantes entre les sociétés du monde influencent les sociétés traditionnelles de manière déterminante en générant des mécanismes d’exclusion à l’origine de l’apparition et de l’émergence de véritables « poches » de pauvreté et une uniformisation du mode de vie, résultant de l’appauvrissement culturel. Au Burkina Faso, l’institution traditionnelle du masque est victime des nombreux vices et dérives de cette société moderne qui menacent dangereusement la survie de cette tradition. Le masque est en péril car faisant l’objet de vol, de négligence, d’abandon etc.
Face à ces enjeux, il était important de mettre en commun les efforts de résistance des villages à sociétés de masques en vue de la revalorisation des valeurs positives endogènes en voie de disparition et le renforcement des capacités techniques locales qui tirent leur socle des réalités culturelles locales dans la perspective de promotion des initiatives de développement durable centré sur les valeurs humaines c’est-à-dire fondé sur les valeurs de solidarité et d’éthique en vue d’un développement harmonieux de la société selon des standards respectueux des cultures locales.
Depuis donc sa création en 1995, l’Association pour la sauvegarde des masques (ASAMA) vise à crédibiliser et à valoriser les efforts discrets de résistances culturelles dans les villages, puis à les rallier au niveau national et international pour le dialogue, les échanges et le partage d’expériences sur les difficultés qu’ils ont en communs. En fondant sa démarche sur la dimension culturelle du développement, l’ASAMA entend d’une part contribuer au renforcement des bases d’une identité culturelle dont sont porteurs les masques et d’autre part, à la valorisation et à la revitalisation de cette tradition au niveau national et international en vue de sa contribution à la civilisation de l’universel.
Dans une telle perspective, l’ASAMA compte résolument mettre en œuvre une véritable dynamique en vue, d’une part du renforcement des capacités des villages à sociétés de masques pour la sécurité alimentaire et le développement durable, et d’autre part, l’institutionnalisation de la biennale du Festival international des masques et des arts de Dédougou (FESTIMA), un véritable musée vivant et cadre de référence internationale par excellence en matière de valorisation de la tradition du masque.