Le FESTIMA : Festival International des Masques et des Arts de Dédougou fut l’idée d’un groupe d’étudiants (es), convaincus (es) et soucieux (es) de l’avenir des masques menacés par les nombreux vices et dérives de la société moderne (vol, négligence, abandon etc.). En vue de définir une stratégie adaptée en matière de promotion durable de ce patrimoine culturel, une enquête a été réalisée dans la Région de la Boucle du Mouhoun, au Burkina Faso et a révélé l’existence de plusieurs groupes aux identités culturelles plurielles, variées et dynamiques. Le besoin urgent s’est ainsi exprimé de multiplier les rencontres, les échanges interculturelles et de promouvoir le dialogue entre les cultures pour contribuer à la sauvegarde et à la revitalisation de ce patrimoine immatériel.
La corporation fût mise en place en septembre 1995 en créant l’Association pour la sauvegarde des masques (ASAMA) reconnue officiellement plus tard en février 1996. Elle aura pour principale ambition, l’organisation du FESTIMA dont la 1ere édition s’est tenue en mai 1996. Elle a regroupé pendant deux (2) jours, six (6) villages à sociétés de masques avec des plateaux variés de masques de feuilles, de fibres et de tissus (masques blancs). La réponse fut très favorable au niveau du public.
En 1997, par la détermination de bénévoles d’étudiants (es) et le soutien de partenaires, la 2e édition s’est tenue en mars sur le thème « masques et tourisme » et a duré 4 jours avec la participation d’une douzaine de villages et d’un public estimé à environ 10.000 spectateurs.
En 1998, animé par la pleine volonté de faire du festival une manifestation populaire, le site du festival a été déplacé au centre ville de Dédougou sur un ancien site sacré, le bas-fond triangulaire Denté en plein air en face de la résidence du Chef de canton. Avec des contraintes de financement rencontrées au cours de cette édition, le festival s’est tenu en avril sur trois (3) jours sur le thème « Quelles perspectives pour la sauvegarde et la restauration du masque » et a pu regrouper une dizaine de villages. La mobilisation du public fut encore plus impressionnante, environ 15.000 visiteurs.
En 1999, le festival gagne un nouveau souffle, avec la participation d’une vingtaine de villages. Le thème choisi était « masques et environnement » et un film documentaire a pu être réalisé sur ce thème et diffusé plusieurs fois sur la chaîne de télévision nationale. Par ailleurs, le festival a accueilli au cours de cette édition, l’exposition « masques Bwaba du Burkina Faso, masques d’Appen’zell de Suisse, une rencontre ». La mobilisation du public a été encore plus importante, 20.000 visiteurs du Burkina Faso et de nombreux touristes venus d’autres pays.
En 2000, grâce à la persévérance de la corporation, le festival pris un tournant décisif. Devenu biennale, le festival s’est déroulé en avril et a accueilli une trentaine de villages de six provinces du pays avec pour la première fois un plateau de masques de plumes. Il intégra également pour la première fois, un marché des communautés. Il a porté sur le thème « masques et développement » et commença à mieux se faire connaître avec la participation de médias internationaux. La mobilisation du public a été plus que satisfaisante, environ 40.000 visiteurs.
En 2002, la corporation avec les dépositaires de la tradition autorisent l’ouverture du festival aux autres sociétés de masques et déterminent une période fixe pour le déroulement de chaque édition à savoir tous les deux ans en année paire et au premier week end du mois de mars. Avec cette décision, la biennale atteignit un nouveau sommet avec la participation d’une quarantaine de villages de la diversité la plus représentative des sociétés de masques de différentes localités et composantes ethniques du pays. Le festival venait de consacrer son ouverture nationale avec une forte mobilisation du public estimé à environ 60 000 visiteurs. Le thème de l’édition était « le masque, culture d’intégration ou culture de résistance ? ». L’innovation majeure a été l’ouverture d’un espace pour les enfants avec l’organisation d’un concours artistique interscolaire (CAI) qui a débouché sur l’exposition des meilleures œuvres pendant le festival.
En 2004, le FESTIMA consacre son ouverture au monde avec la célébration internationale de la vitalité du masque. Pendant trois jours, une quarantaine de villages à sociétés de masques de trois pays d’Afrique (Burkina Faso, Mali et Bénin) vont commémorer le masque par leurs danses et leurs exhibitions. Il a connu aussi la tenue d’un marché des communautés, d’un forum de réflexion pour les festivaliers et d’un espace pour les enfants. L’innovation majeure a été l’ouverture du festival au monde et l’organisation des première assises à palabre des sages sur le thème de l’édition « Pluralisme et dialogue des cultures respectueux des identités propres dans un contexte de marché », dans le cadre du forum. Ces assises apparaissent en soi, désormais comme une véritable plate-forme d’échanges entre les villages sur la problématique de survie de l’institution du masque dont les enjeux dépassent le simple cadre de l’espace village. La mobilisation du public a été très impressionnante, plus de 120 000 visiteurs et les réactions ont été très enthousiastes et positives.